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Libre Parole donnée aux Professionnels de la Formation Un
projet associatif d'éducation et de Formation
Le monde bouge. Pour le meilleur et pour le pire. Dans une société menacée d'éclatement, les Ceméa, fidèles aux valeurs et aux principes qui les ont fondés, définissent leur nouvelle stratégie. L'ambition des Ceméa est de nourrir aussi bien les pratiques de formation que les comportements sociaux, d'une philosophie, celle de l'éducation nouvelle et de l'éducation populaire. Si leur appellation même fait référence à des méthodes d'éducation active, le but des Ceméa n'est pas seulement d'inventorier, d'analyser, de découvrir ou de diffuser des techniques. Parler de philosophie, c'est évoquer des valeurs. Le socle sur lequel repose l'action des Ceméa tient en quelques principes à la fois simples et essentiels. Ils se nomment laïcité, lutte contre les exclusions et les inégalités, vision de l'homme et de ses relations avec son environnement. La laïcité parce que la société, en France et ailleurs, en a plus que jamais besoin, quand les intégrismes, les sectes et les intolérances prospèrent, quand l'obscurantisme menace, quand les mosaïques de communautés paraissent l'emporter sur une intégration républicaine. La réponse à ces périls ne peut être que dans le respect de la personne, l'acceptation des différences sans l'enfermement dans ces différences, et dans une laïcité ferme au plan institutionnel. À cet égard, les organisations attachées à la laïcité ont à faire preuve d'une volonté politique commune forte, dynamique, usant de moyens d'action rénovés. À l'heure aussi où la « préférence nationale » en séduit certains et tente de dresser une partie de la population contre une minorité désignée, où le chômage et la précarité exacerbent la haine, l'exclusion et la xénophobie, les Ceméa s'engagent dans la lutte contre les inégalités, tout en se défiant des seuls traitements d'urgence de type caritatif. Car l'éducation nouvelle est, au fond, un projet politique. Pour elle, tout homme, sans discrimination aucune, doit pouvoir devenir sujet et acteur de son propre développement et de la transformation de son environnement. Redonner soif d'agir et d'apprendre Parvenir à mettre en oeuvre une démocratie active au temps de la mondialisation et de la construction de l'Europe oblige à repenser les modalités et les méthodes d'action. L'homme ne devient pas citoyen actif d'une société juste et égalitaire par un coup de baguette magique. La formation telle que l'entendent les Ceméa ne se réduit pas à une transmission de savoirs. Elle privilégie au contraire l'élaboration du savoir par l'individu lui-même. Elle s'inscrit dans des stratégies de développement local et institutionnel, dans la mesure où l'activité de la personne n'a de sens qu'au sein d'un groupe, d'une collectivité. Conscients des besoins nouveaux, les Ceméa devront sans cesse innover, expérimenter dans des domaines comme ceux de l'école, du collège, du lycée, de l'accompagnement scolaire, des loisirs de proximité, de l'insertion des jeunes, du soutien aux personnes en difficulté. Pour les Ceméa, l'enjeu est fondamental : être capables non seulement de répondre à des demandes mais proposer des idées et des actions éducatives novatrices, expérimentales ; être reconnus comme un mouvement capable de redonner aux jeunes et aux adultes la soif d'agir, d'apprendre et de réapprendre, de créer, d'inventer. C'est dans cet esprit que les Ceméa se sont engagés dans le Plan pour l'emploi des jeunes en signant avec trois autres grandes associations d'éducation populaire (LIGUE, FRANCAS, PEP) un accord-cadre national « associations État » (Ministères de l'Emploi et de la Solidarité, de la Jeunesse et des Sports et de l'Éducation nationale). Contre la loi du plus fort Ce n'est un secret pour personne aujourd'hui : l'économie de marché, le chômage et ses conséquences sur les temps de vie, la commercialisation de la culture et des loisirs sont lourds de conséquences. Des activités de relations humaines sont converties en emplois déqualifiés, en « petits boulots ». L'État est contesté dans son rôle de garant des droits sociaux. Moins soutenues par les pouvoirs publics, les grandes associations sont fragilisées et les petites rendues plus dépendantes des financements locaux. La solvabilité des populations auxquelles elles s'adressent devient un critère qui conditionne l'aide publique. Les Ceméa n'acceptent pas ce retour à la loi du plus fort. Leur enracinement dans l'éducation populaire leur assigne de tout mettre en oeuvre pour promouvoir la conception d'un État qui prenne le parti de la liberté, de l'égalité des droits et de l'accès de tous aux richesses sociales et culturelles. Ce qui ne signifie pas la confusion des rôles. À l'État, aux pouvoirs publics d'impulser, de coordonner, de rendre possible. Aux associations comme les Ceméa d'animer les réseaux d'acteurs et d'irriguer le tissu social. C'est dans cette perspective de complémentarité que les Ceméa préconisent la définition d'un statut du volontariat et d'un statut du bénévolat. Faire face aux nouveaux besoins À mesure
que la décentralisation devenait réalité et que l'État
déléguait certaines de ses tâches, des responsabilités
changeaient de mains. Simultanément de nouveaux défis sociaux
se faisaient jour. Les Ceméa ont ainsi été conduits
à clarifier leur mission et à se transformer eux-mêmes,
en redéfinissant les modalités de leur fonctionnement et
de leur gestion. Mouvement d'éducation appelé à intervenir
dans les champs éducatif, culturel, sanitaire, social, par la formation,
l'expérimentation et la recherche, et cela aussi bien au niveau
régional que national et international, les Ceméa n'ont
aucune envie d'attiser la concurrence dans leur domaine. Ils préfèrent
concentrer leurs forces sur leur vocation première plutôt
que de se disperser. Leur esprit de conquête se focalisera sur l'exploration
de nouvelles pratiques de formation, sur la recherche en matière
d'éducation, de culture, de pratiques sociales. Tisser du lien social autour de l'école Ainsi les Ceméa
seront-ils mieux armés pour intervenir dans leurs trois domaines
de prédilection : l'école, l'accès aux vacances,
aux loisirs et à la culture, le changement social. L'école,
service public, est irremplaçable. Mais l'école, service
public, ne peut pas agir seule. Elle ne peut pas, seule, instruire, éduquer,
socialiser les enfants et les jeunes. Elle échoue à tenter
de combler à elle seule les inégalités. Avec elle,
autour d'elle, des rôles complémentaires s'imposent davantage
aujourd'hui.
Là encore, les Ceméa reprennent leur mot d'ordre, priorité à la formation celle des enseignants, des travailleurs sociaux, des parents, des animateurs, des élus, de tous les intervenants liés à l'organisation du temps scolaire et périscolaire. Celle des jeunes enseignants par et pour le travail en équipe. Coopération aussi avec les directeurs d'établissements, avec les parents, avec les inspecteurs, au bénéfice de tous les enfants et plus particulièrement des enfants en difficulté. Avec le souci que cet essor du partenariat dans un esprit d'utilité publique, ne dispense pas l'Etat de ses responsabilités. L'enfant et le jeune, acteurs de leurs loisirs La loi du marché
n'a pas épargné les loisirs et la culture. Considérées
comme des produits de consommation, alors que le droit à la culture
correspond à un droit majeur reconnu par la Convention internationale
des droits de l'enfant, les vacances aussi connaissent leurs exclus. D'autres
dangers que la ghettoïsation, guettent le champ des loisirs. Vos réactions : Cemeapubli@aol.com.
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